La piste des oasis au Cap Vert

Avr 14

La piste des oasis au Cap Vert

Grogue Trail de CABO VERDE 2014

 Claudio, seigneur des volcans, régnait sur son île ; aucun raider n’osait l’affronter, Mais c’était sans compter avec une horde de trailers venue du nord qui débarqua à San Vicente le dimanche 30 novembre 2014 : des jeunes gloires , des anciennes gloires, des marathoniens, voire même des ultra-marathoniens, des trailers confirmés qui parlent en sigles comme « j’ai fait le TNB »,ou encore en langage d’expert : j’ai fait la diagonale des fous, les templiers…..,des femmes, des hommes, des coureurs de plaine, des coureurs d’altitude. Ils étaient tous là pour en découdre : les Belges taclaient déjà les Français , et ceux-ci adoraient les histoires Belges. On parlait « chrono », dénivelé, plat pays et pays plat etc… Monsieur Loyal dit « Gilbert », le GO avait méticuleusement organisé la confrontation : ses pisteurs , deux sioux , Gilles et son complice, avaient semé des points rouges sur deux îles : San vicente et San Antao , ils les avaient placés dans des endroits les plus improbables : au sommet des volcans, dans les lits de torrents à sec..ou en activité, sur les chemins les plus escarpés, le long d’une plage, sur la lave , certes froide mais coupante etc…. Ces points rouges d’abord harmonieusement distribués en début d’étapes, prenaient quelques errements au passage dans les champs de cannes à sucre, puis se retrouvaient peints en zig zag au sortir des Tout ce petit monde se retrouva pour un contrôle, on ne peut plus sérieux , du pactage et une remise du dossard. Claudio arbora le N° 1. Après une nuit pleine d’espoirs , seize rivaux et le seigneur de ces lieux étaient sur la ligne de départ , une étape dite d’échauffement avec la montée du col du Mato Inglès à 400 m , puis une plongée dans un dédale de cailloux , de gros cailloux , témoins du tracé d’un ancien torrent, trois bornes de sables fins, quelques bornes sur la lave et puis…l’arrivée 21 Km plus loin.

Le peloton multicolore s ‘ élance sous l’impulsion de Raina, qui telle une gazelle prend l’ascendant sur un Claudio, serein mais surpris. Vivien ne lâche pas prise….les autres coureurs s’époumonent déjà, Michel le Vétéran retire une vilaine épine d’acacia qui vient de traverser sa semelle droite et de s’enfoncer dans le pied. Claudio, accompagné comme son hombre par Vivien gravissent à vive allure les lacets menant au col. Il fait chaud, et l’envie d’en découdre a fait oublier à nombre de coureurs les règles de la prudence. Cette étape sera dure, très dure : Michèle négocie une armistice, Gwen et Jean-Luc souffrent de crampes, le team « Muscadet » se disloque.. Mais tous arrivent au bout, avec beaucoup d’appréhension pour la suite. Vivien très gentleman n’a pas voulu , par stratégie ou amitié , vaincre le seigneur des volcans. A faible distance Jérôme et Cédric attendent de pouvoir porter l’estocade, Olivier, Roger et Jacques jouent la prudence, et les autres attendent des jours meilleurs. Pour le moment, place au repas de poisson et à la convivialité au village de pêcheurs de Calhau, et on refait l’étape…mais cette fois en Echec et Mat sur l’ île de Sao Vicente : le seigneur des volcans n’est pas vaincu…mais il n’est pas vainqueur. Prenons le bateau pour gagner un autre terrain de jeux sur l’île L’hôtel San Antao Resort apporte confort, nourriture et grogue….. aux coureurs Seconde confrontation sur un terrain, ô combien martien ! Un départ roulant du Campo Redondo à près de 1500 m , puis une montée dite « douce » , et enfin une terrible montée à 1800 m dans une poussière volcanique où Michel le vétéran du pays plat voit sa fille Gwen se détacher irrésistiblement, et Irène, Patrick puis Benjamin le laisser sur place…ou presque. En haut on fait demi tour et on retraverse cette poudreuse noire , puis on remonte vers le col de « Bordeira de Norte » , avant de descendre à pic ou presque à Cha de Morte, un sympathique village où un sympatrique villageois a redistribué les points rouges ….. Et devant ? Pas de changement : Claudio est toujours suivi comme son hombre par Fabien . Claudio monte plus vite…et Fabien descend plus rapidement. ! Chez les filles Raina signe une deuxième victoire. Le team « Muscadet » se reforme….et tout le monde rentre sans bobos ou presque , après 23 km d’une nouvelle course de oufs ! Ce soir, on soigne les ampoules, on ne soigne pas les maux de gorge, on se couche de bonne heure, car demain c’est LA LONGUE : 35 km avec + 1200 – 2200 de dénivelé. Claudio en rigole déjà, en claquettes il a monté de milliers de fois en haut de cette montagne pour atteindre les cultures en terrasse. Il en donnait les moindres détails, et depuis deux jours grâce à la générosité de Patrick , un boss de la chaussure , il court sur Salomon : encore un point positif pour éliminer le valeureux Sapeur- Pendant un briefing qui vous met « la chair de poule » , le Mr Loyal annonce les dénivelés , et ses indications « première partie du parcours facile et roulant à travers les plateaux » ne rassurent pas….et effectivement maintenant il enchaîne avec « et une succession de vives montées et descentes sur dix kilomètres ». Un petit tour en autobus, et voici les protagonistes au pied du mur des difficultés. Un petit sentier tortueux, à flanc de coteau, quelques arbres : nous avons quitté ce paysage lunaire, et troqué le minéral pour une terre ocre. Sublime pourrait être le paysage dans le creux des vallées mais aujourd’hui nous courons dans un nuage , au bonheur des Bretons. Nous traversons des cultures d’altitude et dans les vallées les champs de cannes à sucre. Aujourd’hui nous empruntons ces monumentaux escaliers, accrochés à la montagne , ces chemins de vie pour les villageois cultivateurs de ces mètres carrés arrachés à la roche et disposés en terrasses. Des milliers de tonnes de cailloux pour paver ces kilomètres ces chemins qui ont été apportés à dos d’hommes ou de mulets : un colossal ouvrage. Le rythme cardiaque monte ….et la force musculaire diminue marche après marche, on n’en voit pas le Le premier point puis le second point de contrôle sont les bienvenus , car la peur de  se perdre saisit le plus téméraire. Chouette j’aperçois des coureurs dans les lacets : ouf, je suis sur le bon chemin ….et je repars « fleur au fusil ». Mais au bout de deux heures et demi de course, rien en haut du chemin escarpé, pas la moindre pancarte, pas de visage réjoui d’un pisteur : rien, si ce n’est une marche en attente de la suivante et du point rouge. Et il y a un point rouge. Le même étonnement gagne l’ensemble des coureurs, et devant les coureurs se regroupent , l’ « union fait la force ». Mais pas de CP3, nous passerons directement au CP4 car de joyeux plaisantins ont déplacés les célèbres point rouges…alors « en live » les pisteurs redistribuèrent de nouveaux points rouges. Pour une étape longue, elle fût longue !. Et trop longue pour Raina, qui perdue, fait preuve d’une grande témérité : refusant l’abandon , elle regagne l’arrivée après des heures d’efforts Vivien ne lâcha pas prise, et le seigneur des volcans a été une nouvelle fois « mis en ballottage ». Gwen signa sa première victoire chez les féminines, et les positions demeurèrent à peu près les mêmes après un retour fantastique de Benjamin, un as Ouf, cette étape tant redoutée est maintenant derrière nous , place demain à la dernière. Rejoignons ce confortable hôtel, restaurons-nous, soignons les maux de gorge…et récupérons. Les organismes ont un « peu » souffert. Après une agréable soirée, un certain relâchement…..et une bonne nuit, les « fadas » du trial se retrouve au petit matin au briefing : l’endroit où le Go en chef promet des miracles : « d’abord c’est roulant, puis il y a du « gaz » et enfin c’est la descente , certes un peu rapide ». Hé , c’est quoi le gaz ?. « Oui, aujourd’hui au quatrième kilomètre il y a un mur de huit cents mètres de haut à monter par un sentier en lacets de 3 kilomètres, un chemin recouvert de pierres ….enfin quand il y en a » dit-il avec un sourire qui en dit long. « Un conseil, dit-il, ne restez pas seul, courez en Certains pensent gruppetto….d’autres pensent groupe de tête, d’autres pensent au Irène sort de magnifiques chaussures jaunes et Orange, cousues main par Patrick son champion et chevalier servant : aujourd’hui elle met le turbo ; Gwen qui progresse de jour en jour peut jouer les troubles fête chez les filles. Raina qui a laissé hier beaucoup d’énergie peut encore surprendre et Michèle a décidé de boucler « coûte Claudio , impérial ne laisse paraître aucune inquiétude, Vivien c’est sûr va porter l’estocade. Jérôme , témoin oculaire de la bataille de tête voudrait bien en être cette fois-ci. Ce dénivelé, placé là , au bout de quatre jours de course inquiète. Dès les premiers mètres, la course s’emballe , tout d’abord un parcours « en grenouille » de caillou en caillou dans un ruisseau, puis un chemin montant….montant avant la traversée de petits villages et de cultures de montagnes où des paysans travaillent la terre avec respect et minutie Les consignes données par Gilbert sont très limpides, au CP1, vous montez le mur, droit devant vous, et effectivement il y a un mur , d’une hauteur telle qu’il se termine dans les nuages. Alors à partir de ce moment toutes les tactiques sont de sortie : Michèle gère son allure avec son altimètre, François s’appuie sur une jambe : la valide, Michel monte au cardio, il se rappelle que son cardiologue lui a recommandé de courir les courses paisibles ! Raina plante ses bâtons et se propulse , Irène s’appuie moralement sur Patrick , Gwen appuie sur ses cuisses et monte à fond trois lacets…puis reprend son souffle. Benjamin , coureur de la diagonale des fous , en a vu d’autres , avec Jean luc , trailer confirmé , ils montent à l’expérience. Le team « muscadet » reste soudé : Jacques mène un train d’enfer ….et Noël n’est pas à la fête. Les Belges Roger et Olivier soufrent mais ne plient pas : Roger en bon spécialiste se creuse les méninges pour trouver la meilleure solution pour monter ce dénivelé de 25% ,Olivier, adepte des sports de combat , garde son self control. Frédéric le Niçois est à l’aise, il ne s’entraîne pas sur la promenade des Anglais, mais dans les montagnes de l’arrière pays. Jérôme, le coureur de la côte de Jade, n’est pas sur son terrain de jeu favori, il s’époumone, il fait le max ….mais devant ils sont Le nuage enveloppe les coureurs, la fraîcheur tombe rapidement…..et les lacets Galère, galère pour tous….mais un peu moins pour Claudio et Vivien qui basculent les premiers……sur une route. Eh oui, il y a une route sur la crête ! Une occasion, une des seules occasions, de retrouver une foulée convenable pendant deux bons kilomètres, puis un paysage de montagnes avec les pins , comme chez nous, et un descente tortueuse avec quelques raidillons pavés jusqu’à l’arrivée. Une magnifique descente au milieu des champs de canne à sucre , de bananiers, manguiers, arbres à pain, avocatiers…..où les compétieurs s’en donnent à cœur joie : Jean-luc fonce au côté de Patrick, Gwen au mieux de sa forme revient sur le team « muscadet » emmené par un Jacques toujours jeune et fringant , Irène menacée par Gwen défend sa première place au général, Michel rattrape Raina dans les derniers lacets …..Michèle et François galèrent mais bouclent..Enfin pour le final on fait chauffer les running ! Jérome, Frédéric, Olivier et Roger s’arrachent derrière les indomptables qui franchissent l’arrivée la main dans la main. Le seigneur des Volcans du Cap Vert gardera son titre mais le partagera encore pour un an avec Vivien. Irène monte vaillamment sur la plus haute marche du podium Tout ce petit monde revient le lendemain sur le terrain de jeux pour en admirer tranquillement la nature et ses fruits exotiques : papayes, ignames, bananes Quel bonheur d’être marcheur , n’est-ce pas Aïcha, Jasmine, Françoise et Compagnie que Monsieur Loyal, mille fois remercié , a déjà prévu une suite…… Et c’est avec un brin de nostalgie que les protagonistes de cette histoire , reprirent le chemin du retour, dans l’attente de retrouver ces trois valeurs : cordialité, convivialité et esprit de compétition tant présentes pendant leur séjour dans la

CE RECIT EST BIEN SUR UNE FICTION, TOUTE RESSEMBLANCE AVEC DES

 PERSONNES AYANT EXISTE SERAIT LE PUR FRUIT DU HASARD.

 

Michel PONTOIZEAU

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